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L’enseignement à l’heure des MOOCs...

dimanche 6 mars 2016, par JFA

Un article de La Tribune signé Philippe Mabille et daté du 24 février 2016 nous annonce que "La course aux talents fait rage" pour s’emparer du "marché" de l’éducation supérieure et de la recherche. Le "school business", pour l’instant sous forme de MOOC (Massive Open Online Course) , est en passe de rafler le tiers des étudiants français. C’est un phénomène mondial qui sera donc difficilement contrôlable et qui forcera les États à prendre le train en marche ou à se désengager de sa mission éducative. L’enseignement technique est à son tour visé en attendant le secteur du primaire et du secondaire.
Après une lecture attentive de ce texte, beaucoup de choses sont choquantes dans cette “uberisation” de l’enseignement :
-  La collusion entre l’intérêt privé des industriels (forcément à court terme puisque personne ne peut prévoir au-delà de dix ans dans quelle direction la technologie va orienter la production) et la mission de l’État (qui seul peut penser le long terme et prendre des risques).
-  Le coût croissant des formations qui en exclura tous les jeunes de milieux modestes.
-  L’endettement à long terme des étudiants ou des familles d’étudiants pourrait aboutir à une crise aussi profonde que celle des subprimes. Le remboursement d’un diplôme comme d’une maison ne peut être assuré, en même temps que le crédit en est ouvert au plus grand nombre.
-  La mise en concurrence du privé et du public amène forcément la faillite de l’Éducation Nationale. Le privé a tous les moyens d’évaluer favorablement la “rentabilité et l’efficacité” de ses entreprises et de dénigrer la gabegie et l’incompétence du public. La publicité fera le reste. Rappelons que dans le cadre du TAFTA, il est prévu que la loi de la “concurrence libre et non faussée” imposera aux États de financer à hauteur égale le privé et le public ou de cesser le financement des institution d’État !
-  La privatisation de l’enseignement ouvre grande la porte aux industriels qui logiquement chercheront des retours sur investissement à court terme. Peut-on croire qu’un cours de philosophie, un laboratoire de recherche fondamentale, soient financés à même hauteur qu’un cours de technologie, qu’une chaire d’économie ?
En revanche, si l’on imagine les mêmes innovations rendues possibles par le numérique, mais dans le cadre d’un État maître de ses finances, plaçant l’intérêt commun avant l’intérêt privé, et a fortiori dans une société sans argent, on peut rêver :
-  D’un accès au savoir pour tous, que l’on soit éloigné géographiquement des universités, ou dans l’incapacité de se déplacer.
-  D’un partage des savoirs à travers la planète aussi bien dans l’enseignement que dans la recherche.
-  D’une formidable variété d’enseignements que l’on pourrait aborder quand et où l’on veut.
-  D’une émulation salutaire au perfectionnement des enseignants qui seraient sans cesse en concurrence avec le meilleur du Net.
-  D’une pédagogie proche de celle de Joseph Jacotot (1770-1840), le “maître ignorant” qui proposait “d’émanciper les intelligences”, de borner le rôle du maître à diriger ou à soutenir l’attention de l’élève…
Mais pour tout cela, il faudrait que l’obligation de réaliser des profits financiers pour le privé, d’équilibrer un budget pour le public, soit définitivement rendue obsolète !

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